
Les données sur le marché du travail publiées le 27 mai 2026 par Prague Morning illustrent clairement l’orientation nette de l’économie tchèque vers le recrutement de talents étrangers. Selon le ministère du Travail et des Affaires sociales, plus de 845 000 travailleurs étrangers étaient enregistrés fin 2025, auxquels s’ajoutent 132 000 indépendants étrangers disposant d’une licence commerciale. Autrement dit, près d’un million de personnes – soit environ un dixième de la population totale du pays – travaillent en République tchèque avec un passeport étranger. Derrière ces chiffres se cache un déficit structurel de compétences que la démographie locale ne peut plus combler. Les employeurs signalent des pénuries dans les chaînes de production, les centres logistiques, les hôpitaux, les chantiers de construction et les établissements hôteliers. Si, sur le papier, 364 000 personnes étaient encore inscrites au chômage en avril, les entreprises expliquent qu’elles ne parviennent pas à faire correspondre les CV aux horaires, compétences et localisations dont elles ont réellement besoin.
En conséquence, des entreprises allant du cœur industriel automobile de Mladá Boleslav aux parcs logistiques autour de Plzeň dépendent de plus en plus d’assembleurs ukrainiens, d’infirmières slovaques, de soudeurs philippins et de chauffeurs routiers des Balkans. Ce tournant a d’importantes répercussions politiques.
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L’immigration, autrefois perçue comme une mesure temporaire, est désormais au cœur de la stratégie de compétitivité du pays. Les organisations patronales militent pour un traitement consulaire accéléré, un système de points simplifié inspiré de la nouvelle carte bleue européenne, ainsi que des quotas plus généreux dans le cadre des programmes gouvernementaux Digital Nomad et Ukraine Fast-Track. Parallèlement, les syndicats alertent sur le fait que sans une meilleure intégration – formation linguistique, accès au logement et respect de l’égalité salariale – les travailleurs étrangers resteront isolés et vulnérables à l’exploitation. Pour les responsables de la mobilité internationale, le message est clair : l’attractivité de la République tchèque comme base régionale de production et de R&D demeure forte, mais les plans de recrutement doivent désormais intégrer une dépendance continue à l’embauche transfrontalière. Les entreprises qui investiront dans un accompagnement simplifié à la relocalisation, une intégration en langue tchèque et des services dédiés aux familles disposeront d’un avantage décisif dans ce qui est désormais une économie d’« importation de talents » permanente.
En conséquence, des entreprises allant du cœur industriel automobile de Mladá Boleslav aux parcs logistiques autour de Plzeň dépendent de plus en plus d’assembleurs ukrainiens, d’infirmières slovaques, de soudeurs philippins et de chauffeurs routiers des Balkans. Ce tournant a d’importantes répercussions politiques.
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