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févr. 3, 2026

L’UE dévoile sa toute première stratégie en matière de visas – Ce que cela signifie pour les entreprises et les voyageurs suisses

L’UE dévoile sa toute première stratégie en matière de visas – Ce que cela signifie pour les entreprises et les voyageurs suisses
Bruxelles a dévoilé la toute première Stratégie globale des visas de l’Union européenne, marquant la plus grande réforme politique depuis la révision du Code des visas Schengen en 2020. Bien que négocié à Bruxelles, ce nouveau cadre est particulièrement pertinent pour la Suisse qui, en tant qu’État associé à Schengen, est légalement tenue d’intégrer la plupart des règles relatives aux visas dans sa législation nationale.

1. Une boîte à outils stratégique pour les visas
La stratégie de 32 pages – adoptée le 29 janvier 2026 et publiée le 2 février 2026 – redéfinit la politique des visas comme un instrument de sécurité, de compétitivité économique et de politique étrangère. Bruxelles promet un contrôle renforcé des régimes d’exemption de visa et un mécanisme « Article 25a » renforcé, permettant des sanctions ciblées lorsque des pays tiers refusent de reprendre des migrants en situation irrégulière. Pour les employeurs suisses recrutant des talents des Balkans occidentaux, d’Inde ou d’Asie du Sud-Est, toute suspension future du statut sans visa de ces pays se répercuterait immédiatement sur les consulats suisses, allongeant potentiellement les délais pour les missions de courte durée.

2. Digitalisation et voyages d’affaires accélérés
Le document confirme que tous les membres de Schengen – Suisse incluse – doivent passer à un traitement 100 % numérique des visas de court séjour avant fin 2028. Les candidats téléchargeront leurs documents et données biométriques sur un portail unique de l’UE, la Suisse conservant toutefois le droit de facturer des frais nationaux et d’organiser des rendez-vous parallèles pour les permis de séjour de longue durée. La Commission soutient également les visas C multi-annuels et multi-entrées pour les « voyageurs de confiance », tels que les cadres supérieurs effectuant fréquemment des déplacements vers les sièges européens à Zurich, Bâle ou Genève. Les multinationales doivent donc revoir leurs profils de risque voyageurs et s’assurer que leurs systèmes RH intègrent les données de dépassement de séjour à l’échelle Schengen dès que le Système Entrée/Sortie (EES) deviendra obligatoire le 10 avril 2026.

Les entreprises disposant de ressources limitées en immigration interne trouveront un soutien précieux auprès de spécialistes. VisaHQ, par exemple, propose un accompagnement spécifique à la Suisse via son portail dédié (https://www.visahq.com/switzerland/), guidant les candidats du téléchargement des documents à la prise de rendez-vous et au suivi en temps réel. Collaborer avec de tels prestataires facilitera la transition vers la future plateforme numérique de l’UE tout en maintenant la mobilité des collaborateurs clés.

L’UE dévoile sa toute première stratégie en matière de visas – Ce que cela signifie pour les entreprises et les voyageurs suisses


3. Attraction des talents : la pression sur Berne pour suivre le rythme
Parallèlement à la stratégie, Bruxelles a publié une Recommandation sur l’Attraction des Talents pour l’Innovation, incitant les États membres à créer des voies accélérées pour chercheurs, fondateurs de start-up et employés hautement qualifiés. Si la Suisse offre déjà des permis facilités aux diplômés étrangers d’universités suisses, elle applique toujours des quotas numériques pour les recrutements hors UE/ALE (8 500 en 2026). Les experts en immigration s’attendent à ce que les décideurs suisses examinent la compatibilité de ces quotas avec la nouvelle priorité européenne du « visa comme levier de compétitivité ». Les entreprises pourraient utilement faire valoir cette perspective lors de la consultation prochaine du Département fédéral de justice et police sur l’ordonnance des quotas 2027.

4. Prochaines étapes pratiques pour les entreprises suisses
• Cartographier les flux de voyageurs : identifier les employés bénéficiant aujourd’hui de l’entrée sans visa mais susceptibles d’être affectés par un mécanisme de suspension demain.
• Prévoir un budget pour la mise à niveau des systèmes : les équipes RH et voyages suisses devront s’interfacer avec la « Plateforme commune de demande de visa de l’UE » dès le début des tests pilotes en 2027.
• Harmoniser les calendriers de conformité : visas numériques, déploiement de l’EES (avril 2026) et lancement d’ETIAS (T4 2026) génèrent une cascade de nouveaux points de données que les employeurs suisses doivent suivre pour éviter amendes pour dépassement de séjour et infractions liées aux travailleurs détachés.

5. Perspectives politiques
Étant donné que la Suisse participe aux décisions Schengen a posteriori, le Conseil fédéral devra désormais rédiger une ordonnance d’exécution. En pratique, la plupart des dispositions – notamment celles concernant le contrôle de sécurité des visas et la digitalisation – s’appliqueront aux consulats suisses dans le monde sans nécessiter l’approbation du Parlement. Les parties prenantes disposent donc d’une fenêtre étroite pour plaider en faveur de flexibilités spécifiques à la Suisse, telles que des interfaces en français pour les candidats d’Afrique de l’Ouest ou le maintien de supports papier pour les consulats isolés en montagne.

En résumé, la Stratégie des visas de l’UE n’est pas qu’un simple communiqué de Bruxelles ; c’est une feuille de route qui va transformer la manière dont les entreprises suisses recrutent leurs talents et dont les voyageurs d’affaires franchissent les frontières suisses au cours des trois prochaines années.
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